Prendre soin de votre santé mentale maintenant que nous sortons du confinement

 

Pour beaucoup d’entre nous, la levée progressive du confinement offre des possibilités tant attendues (tout en respectant les mesures de distanciation sociale) : voir des amis, faire du sport, reprendre contact avec sa famille dans un « espace réel » ou reprendre un travail auquel nous tenons.

Mais pour beaucoup d'entre nous, ces changements heureux et très attendus peuvent aussi être difficiles pour notre santé mentale.

Et pour beaucoup d’autres personnes, la perspective de sortir du confinement alors que les débats sur les fondements scientifiques d’une telle mesure font toujours rage peut être une véritable source d’inquiétude. Cela peut être particulièrement vrai pour les personnes les plus vulnérables au virus et pour celles d’entre nous ayant des problèmes de santé mentale.

Les personnes fragiles ou plus à risque

Pour les personnes fragiles devant se protéger davantage, l’assouplissement des mesures de confinement a été très minime, même si le gouvernement va effectuer une réévaluation des mesures pour les personnes fragiles à la fin du mois de juin.

Les personnes âgées de plus de 70 ans, les femmes enceintes et les personnes souffrant d’une maladie chronique sont des groupes identifiés comme étant plus à risque de développer une forme grave de la maladie, bien que seules certaines d’entre elles aient été invitées à adopter des mesures supplémentaires pour se protéger.

Toutefois, il leur a été conseillé d’adopter des dispositions supplémentaires pour minimiser leur risque de contracter le virus. Pour ces groupes en particulier, il pourrait être difficile d’envisager qu’il faudra beaucoup plus de temps pour que leur vie puisse revenir à un semblant de « normal ». 

Où sont donc les difficultés pour notre santé mentale au sortir du confinement, et que pouvons-nous faire pour les relever ?

Quels sont les défis en matière de santé mentale et que pouvons-nous faire ?

Nous devons nous préparer au fait que la fin du confinement pourrait être aussi difficile pour nous que son début.

Tout comme il nous a fallu du temps pour trouver des moyens de faire face pendant le confinement, nous devons également nous attendre à ce qu’il nous faille du temps pour nous retrouver et renouer avec la vie.

Nos conseils sur la santé mentale sur la nécessité de trouver une routine, maintenir des liens, manger sainement et faire de l’exercice sont tout aussi applicables maintenant qu’au début du confinement – voire même plus car nous sommes toujours dans une période de grand stress mais on nous en demande plus.

Parce que nos propres circonstances sont très personnelles, il est vraiment important d’essayer de ne pas nous juger durement nous-même en fonction de ce que font les autres. Chacun se trouve confronté à l’incertitude et à des défis – et nous n’avons pas d'autre choix que traverser cette période du mieux que nous pouvons.

La peur et l’anxiété

La peur et l’anxiété sont probablement les réactions émotionnelles les plus courantes ressenties par chacun d’entre nous à l’approche de la fin du confinement. Trouver un moyen de traverser le confinement nous a demandé beaucoup d’énergie émotionnelle et nous avons peut-être trouvé des ressources nous permettant de faire face que nous ne voulons pas laisser derrière nous pour le moment.

Beaucoup d’entre nous craignent d’attraper le virus ou de transmettre l’infection à nos proches, car les risques augmentent lors des interactions. C’est une réaction tout à fait normale, mais les risques peuvent être réduits en suivant les consignes.

Chaque fois que nous reprenons quelque chose, cela semble inhabituel ou même effrayant. Il est possible que nous nous sentions nerveux ou anxieux.

Cela peut être dû au fait que cela fait un certain temps que nous ne l’avons pas fait et que nous avons oublié ce que cela fait – par exemple, aller travailler. C’est peut-être parce que les choses ont changé à cause de la pandémie et que les routines ont changé – comme les sens uniques et les files d’attente pour entrer dans les magasins.

Il est important de reconnaître que ce sont des sentiments raisonnables, et s’y attendre. Ce n'est qu’en développant une tolérance en douceur que nous pourrons surmonter ces craintes.

Il se peut que nous nous sentions en colère ou frustrés par certains comportements et que nous portions un jugement hâtif ou fassions des commentaires sur les réseaux sociaux qui reflètent notre anxiété. Il est important de partager nos inquiétudes avec les personnes en qui nous avons confiance, mais aussi de garder en tête que nous ne pouvons pas contrôler le comportement des autres et que les commentaires en ligne peuvent rapidement créer des frictions.

Si vous le pouvez, exprimez votre frustration rapidement et en privé à quelqu’un en qui vous avez confiance, puis passez à autre chose. Si nous nous accrochons, nous pouvons commencer à ruminer – tournant et retournant les choses dans notre tête.

Pour beaucoup d’entre nous, la pandémie a accru notre anxiété ou aggravé des problèmes de santé mentale existants. Il faudra peut-être plus de temps pour s’adapter aux changements nécessaires – par exemple, les sens uniques dans les magasins pouvant bloquer les voies de sortie sûres ou le port de masques pouvant déclencher des flashbacks de traumatismes ou des crises de panique en raison de la sensation de ne pas pouvoir respirer.

Si possible, allez-y à votre propre rythme, mais essayez de vous mettre au défi d’essayer quelque chose de différent chaque jour ou tous les deux ou trois jours. Il est très facile de laisser la réclusion qui était nécessaire durant le confinement devenir un isolement délibéré lorsque le confinement prend fin. Célébrez les petites victoires (et les grandes) et essayez de prendre note de vos accomplissements.

Pour beaucoup de monde, le confinement a été relativement calme et solitaire.  Le retour dans les magasins, la circulation, les transports et le travail peuvent entraîner une surcharge sensorielle – vous pouvez vous sentir dépassé par les images, les sons ou les odeurs. Des écouteurs peuvent être un bon moyen de diminuer cette surcharge, vous aidant à vous concentrer et créant une distraction avec des appels, de la musique, des podcasts ou des livres audio.

Conseils pour gérer la peur et l’anxiété

Contrôlez ce qui peut être contrôlé – il y a beaucoup de choses que vous ne pouvez pas contrôler et qui vous font peur et engendrent de l’anxiété – mais certaines choses sont gérables ou prévisibles. Il peut être utile d’avoir un plan d’action pour gérer les choses que vous pouvez trouver difficiles.

Ménagez-vous – il est important de reconnaître que vous devez aller à votre rythme. Ne laissez pas les autres vous intimider ou vous forcer à faire des choses que vous ne voulez pas faire – mais essayez de ne pas laisser cela être une excuse pour ne pas vous motiver à avancer, surtout lorsqu’il s’agit de rétablir les liens avec des amis de manière sûre, à l’extérieur, lorsque les règles le permettent et que c’est également le bon moment pour vous. Il peut être difficile de laisser les autres aller de l’avant sans vous – votre enfant veut peut-être voir des amis ou doit retourner au travail mais vous, vous ne pouvez pas. Il est important de parler de ce qui vous préoccupe avec vos proches, mais aussi de laisser les autres aller à leur propre rythme.

Développez votre tolérance – essayez, chaque jour ou tous les deux ou trois jours, de faire quelque chose qui vous fait sortir de votre zone de confort. Ne vous en voulez pas si cela ne se passe pas bien, mais continuez d’essayer. Prenez note de vos accomplissements, de ce que vous avez apprécié ou que vous vous êtes surpris à faire.

Variez vos habitudes – essayez de varier votre routine de manière à voir différentes personnes et rencontrer différentes situations. Si un supermarché vous rend nerveux, essayez-en un autre. S’il y a beaucoup de monde lors d’une promenade à un moment précis de la journée, essayez de programmer certaines promenades à des heures d’affluence et d’autres durant des moments plus calmes.

Parlez à votre employeur – De nombreux lieux de travail autorisent des pratiques de travail plus flexibles, même si on doit y retourner. Si vous avez du mal à vous rendre sur votre lieu de travail, ou à faire certains créneaux horaires ou des activités particulières en raison d’anxiété ou de peur, parlez-en à votre supérieur hiérarchique ou à un collègue en qui vous avez confiance, si cela vous semble approprié. Si vous avez ou avez eu des problèmes de santé mentale à long terme, il est possible que vous ayez droit à des ajustements raisonnables en tant que personne handicapée en vertu de la loi sur l’égalité. Même si vous n’aviez pas auparavant divulgué votre situation, si vous trouvez que les circonstance s’y prêtent, cela pourrait être à votre avantage de le faire.

Gérer l’incertitude

On parle beaucoup d’une « nouvelle normalité », mais la normalité est en train de changer et l’incertitude, ainsi que la gestion des risques, vont être la réalité dans l’avenir prévisible. Pour beaucoup d’entre nous, nous ne nous sentons pas à l’aise avec cette idée, en particulier lorsque nous arrivons à peine à gérer notre santé mentale.

Pour la plupart d’entre nous, une « nouvelle normalité » va signifier « comment faire pour surmonter aujourd’hui, ou cette semaine » – il sera très difficile de prédire à quoi va ressembler le reste de l’année, et avec autant des médias parlant de possibilités et d’étapes sans aucune certitude, il est facile de se laisser prendre au jeu des scénarios hypothétiques.

Il peut être utile de se concentrer sur les choses que nous avons apprises et accomplies au cours des derniers mois.

La plupart d’entre nous ont été mis à l’épreuve d’une manière que nous n’aurions jamais imaginée, ont surmonté avec succès ces épreuves et ont trouvé de nouvelles façons de gérer – ou même de s’épanouir. Pour beaucoup d'entre nous, le confinement a remis en question nos valeurs et ce qui est important pour nous. La vie, les valeurs et les attitudes que nous avions au début du mois de mars ne sont peut-être pas celles que nous voulons retrouver en juillet, et des opportunités d’effectuer des changements positifs dans notre vie pourraient s’offrir à nous.

Concentrez-vous sur le présent – vous ne pouvez faire de votre mieux qu’avec ce que vous avez aujourd’hui. Avec des réglementations qui changent fréquemment et de nombreuses discussions médiatiques contradictoires, essayez de vous concentrer sur le moment présent. La méditation de pleine conscience est un moyen de ramener votre esprit au moment présent.

Remettez au premier plan ce qui est certain dans la vie – alors que de nombreuses choses sont incertaines en ce moment, il y a aussi matière à espérer. Essayez prendre note et d’apprécier les bonnes choses au moment où elles se produisent. Essayez de saisir les occasions de vous recentrer et de vous détendre.

Parlez aux personnes en qui vous avez confiance – il est important de parler de ce que vous ressentez. N’écartez pas vos préoccupations et ne vous jugez pas trop sévèrement. Vous pourriez aussi trouver votre tribu en ligne, mais essayez aussi d’obtenir des points de vue extérieurs.

Reprendre une vie sociale

Au sortir du confinement, il sera possible de reprendre notre vie sociale – non sans certains changements pendant un certain temps. Certains d’entre nous le veulent à tout prix – mais les autres seront nerveux à cet égard – ou incapables de le faire en raison de leur situation.

Si vous faites partie d’un groupe social pratiquant une activité ensemble, essayez de prévoir comment les personnes n’étant pas prêtes à des rencontres en présentiel pourraient quand même y participer.

Durant le confinement, nous nous sommes peut-être habitués et avons appris à apprécier notre propre espace et avec notre propre compagnie – cette période a été intense de bien des manières et nous allons peut-être avoir à vraiment faire des efforts pour renouer avec les autres et de surmonter la gêne initiale. Qu’il s’agisse de savoir comment insister sur la distanciation sociale avec les amis ou la famille, de savoir où il faut porter un masque, ou la sensation étrange de ne pas s’arrêter pour discuter dans la rue, pour beaucoup, nous voulons bien faire et craignons de commettre des bévues. Tout cela est nouveau et faire de votre mieux pour suivre les règles suffit dans la plupart des situations.

Il en va de même pour les liens d’amitié de nos enfants – beaucoup d’enfants veulent à tout prix voir leurs amis, mais toutes les familles essaient d’appréhender les changements à mesure qu’ils se produisent et il est important de faire un effort supplémentaire pour renouer les liens d’amitié, surtout si les écoles ne sont toujours pas ouvertes.

Si nous faisons partie d’un groupe à risque ou d’un groupe vulnérable, il est probable qu’à mesure que notre entourage commence à sortir du confinement et à faire des choses qui nous manquent, nous nous sentions plus isolés et moins capables de résister aux pressions visant à réduire les mesures de confinement. Il y a un risque réel que les employeurs, les écoles, les entreprises, les amis et la famille soient moins capables de faire preuve de compréhension et d’offrir leur soutien lorsque le confinement est levé pour les autres. Devoir sans cesse rappeler aux autres pourquoi, en tant que personne fragile et devant donc adopter des mesures de protection supplémentaires, vous ne pouvez pas participer ou suivre les mêmes règles demande une charge émotionnelle considérable –et beaucoup en paient le prix en termes de culpabilité.

N’oubliez pas que les règles et les consignes sont différentes selon qui vous êtes et où vous vivez. Vous trouverez des conseils plus détaillés sur ce que vous pouvez faire et sur les limitations actuelles sur : https://www.mentalhealth.org.uk/coronavirus/four-nations-advice#socialising    

Notre vie professionnelle a énormément changé lorsque le confinement a commencé – certains d’entre nous ont continué à travailler en tant que travailleur essentiel, d’autres ont travaillé à distance depuis chez eux (télétravail), ont été mis en chômage technique ou ont perdu leur emploi. À mesure que le confinement s’assouplit, notre vie professionnelle va changer à nouveau et certaines personnes seront à la recherche d’un nouvel emploi.

Pour beaucoup d’entre nous, le déconfinement n’est pas un choix. Partout dans le pays, des personnes sont appelées à reprendre le travail, même lorsque le conseil officiel est de poursuivre le télétravail dans la mesure du possible. Pour beaucoup d’entre nous, cela n’est pas possible et la perspective d’un retour au travail demande de peser le pour et le contre entre les risques potentiels pour notre sécurité et celle de notre famille et la nécessité de gagner de l’argent, relancer l’économie et/ou de fournir des services aux autres.

Nous offrons des conseils sur le travail pendant la pandémie ici  avec quelques conseils plus spécifiques pour les personnes dont le travail change maintenant que certaines mesures du confinement sont assouplies ici : https://www.mentalhealth.org.uk/documents/looking-after-your-mental-health-while-working-during-coronavirus

S’occuper des enfants et de la famille

Pendant le confinement, ceux d’entre nous qui ont des responsabilités familiales ont soutenu leur famille. Pour les parents et aidants, le retour au travail va sans doute offrir une distance qui peut être très appréciée et nécessaire, mais aussi de se révéler difficile sur le plan émotionnel alors que la présence familiale a été un tel soutien pour tant de personnes pendant le confinement. Nous avons ici des conseils plus détaillés pour les parents : [link to parenting page].

Les écoles étant soit fermées, soit ouvertes seulement à temps partiel pour certains élèves jusqu’aux vacances d'été au moins, les parents doivent assumer à plus long terme la garde des enfants, l’aide au travail scolaire et décider de renvoyer ou non les enfants à l’école et quand le faire. Les parents veulent faire de leur mieux pour leurs enfants, mais beaucoup d’entre eux subissent maintenant une pression de leur employeur, soit pour retourner au bureau, soit pour retrouver un niveau de productivité et d’engagement qui est difficile à concilier avec leurs responsabilités parentales pendant la semaine. Pour plus d’informations sur le retour à l’école, voir ici :https://www.mentalhealth.org.uk/coronavirus/returning-school-after-lockdown

Une situation similaire se présente pour les aidants non rémunérés : il se peut que la santé physique ou mentale de la personne dont ils s’occupent se soit détériorée pendant le confinement et que leurs propres besoins aient changé.  Cela implique de nouvelles évaluations et des changements dans la prestation de services.

Le deuil

Le deuil et le chagrin sont quelque chose que beaucoup d’entre nous auront vécu pendant le confinement. De nombreuses personnes auront été confrontées à la perte d’un proche au cours de ces derniers mois et, avec les restrictions sur le nombre de personnes pouvant être présentes aux obsèques et le fait que la non-distanciation sociale n’est autorisée que depuis peu et uniquement pour des groupes très spécifiques, cela a été doublement difficile.

Au fur et à mesure que nous commencerons à sortir du confinement, il sera possible de revoir du monde et d’apporter notre soutien à nos proches qui ont été endeuillés, bien qu’à l’heure actuelle, cela doive être fait dans les respect des mesures de distanciation sociale et donc une étreinte n’est pas envisageable – sauf si vous êtes un parent isolé avec des enfants de moins de 18 ans, ou une personne vivant seule, ayant formé une « bulle » avec un autre foyer. Vous pouvez trouver nos informations comment gérer la perte d’un être cher et le deuil ici : https://www.mentalhealth.org.uk/coronavirus/change-loss-bereavement

This translation was funded by Foundation Scotland and the National Emergencies Trust and distributed by the Scottish Refugee Council.